Graham Greene

Saigon – 1954 / Paris – 1958

GG01Graham Greene, un des plus grands écrivains du XXe siècle, est à Saigon en 1954, où il écrit son roman The Quiet American. Chez René de Berval, il rencontre Raymond Cauchetier, et apprécie tellement ses photos du peuple vietnamien, qu’il lui propose de préfacer un de ses futurs albums, ce qu’il n’a fait pour aucun photographe. Mais les circonstances ne permettront pas de réaliser ce projet.Quelques années plus tard, à Paris, Graham Greene, accepte, pour la première et seule fois de sa vie, l’interview d’une chaîne de télévision. Il s’agit en l’occurrence d’une station hongroise, jeu politique oblige.

Mais il tient à présenter simultanément son livre The Quiet American, et l’album de Raymond Cauchetier Saigon, qui présentent tous deux les aspects profondément humains des peuples d’une Indochine plongée dans la guerre.

Norodom Sihanouk

En 1967, Norodom Sihanouk, Chef d’Etat du Cambodge, décide d’entreprendre une campagne de promotion pour les richesses culturelles et touristiques de son pays. Elle sera basée sur la photographie, et pour le choix du photographe, il n’a que l’embarras du choix, les plus célèbres d’entre eux étant venus travailler à Angkor. S’il fait appel à Raymond Cauchetier, c’est parce qu’il a été captivé par son album sur Saigon, et par le regard qu’il porte sur les gens du peuple. Raymond Cauchetier reste deux mois au Cambodge, sans s’accorder un seul jour de repos. Après avoir pris quelques milliers de photos, son travail terminé, il attend, un peu inquiet, le jugement de Sihanouk. Mais le roi, ravi, lui remet une décoration, et l’invite à créer au Cambodge, une Ecole Nationale de Photographie. Flatteuse proposition que Raymond Cauchetier ne peut hélas accepter, en raison d’engagements antérieurs.

NS2

Le Roi fait alors construire une coffre-fort climatisé pour conserver les diapos et négatifs, devenus Trésor National. Mais, peu de temps après, alors qu’il voyage en France, il est renversé par un coup d’Etat. Or le général Lon-Nol, qui prend le pouvoir, est lui-même chassé peu de temps après par les Khmers Rouges. Lorsqu’ils envahissent le Palais Royal, ils trouvent le coffre-fort, imaginent qu’il contient des bijoux, et le font sauter à la dynamite. Toutes les photos sont détruites. Il n’en restera absolument rien, sauf quelques rares doublés que Raymond Cauchetier avait conservés à titre de souvenir.

John Bailey

AMERICAN SOCIETY OF CINEMATOGRAPHERS – JOHN BAILEY

Los Angeles – 2008 L’album PHOTOS DE CINEMA a suscité aux USA bien plus d’intérêt qu’il n’en avait éveillé en France, lors de sa publication. En outre, l’ASC, représentée par John Bailey, a demandé à Raymond Cauchetier d’évoquer pour son célèbre blog, les différentes étapes d’une carrière de photographe qui avait commencé bien avant l’époque de la Nouvelle Vague.

Egalement sur le blog de John Bailey (en anglais) : Raymond Cauchetier: Still New (Wave) at 95

John Alexander POPE

Quand j’ai ramené mon bébé tigre au Grand Hôtel d’Angkor, de nombreux Américains se sont intéressé à lui, qui sut accepter avec condescendance cette célébrité imprévue.

L’un d’eux, je l’ai su plus tard, était John Alexander Pope, directeur des expositions du célèbre Institut Smithsonian, de Washington, une sorte de Musée du Louvre privé, qui attirait les foules du monde entier. M.Pope demanda à faire ma connaissance, pour que je lui raconte comment j’avais trouvé Bijou dans la jungle. Il découvrit aussi les photos inédites du Cambodge et du Vietnam, qui jaunissaient dans mes tiroirs, et s’enthousiasma immédiatement pour ces images, dont la plupart étaient encore inédites.

C’est à ce moment qu’il conçut le projet de consacrer à ces photos une des futures expositions du Smithsonian Institut.

Il lui fallut deux ans pour concrétiser son  intention. Mais avec une ampleur insoupçonnée à l’origine. Il organisa en effet une, exposition itinérante, qui parcourut les Etats-Unis, de musée en musée, pendant  plusieurs années. Son thème était Faces of Vietnam. Elle avait pour ambition de faire découvrir aux Américains un aspect inconnu pour eux de l’Indochine profonde, et de ses brillantes civilisations. Le succès fut considérable.

L’exposition était scindée en deux parties, l’une consacrée à mes photos, l’autre présentant les paysages de jeunes peintres, comme Rembrandt, Giorgione, Monet, David, et le douanier Rousseau. Pourtant, le rapprochement ne m’a pas été défavorable. Et personne ne sut que cette exposition n’aurait jamais eu lieu si Bijou n’avait un jour décidé de faire sa sieste sur la terrasse du Grand Hôtel d’Angkor.

SMITHSONIAN-02

 

La presse française ne consacra pas une ligne à l’évènement. Je n’étais pas connu à Paris, où on ne fête que les gens célèbres.

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